Pondéralement vôtre...

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21 août 2011

Retour à la case départ

Quand j'ai recommencé à frénétiquement me peser quotidiennement, désespérée de me voir grossir jour après jour, sans vraiment agir, en désespérant, en sachant quoi faire, mais sans arriver à le mettre en oeuvre, quand j'ai recommencé à m'empiffrer de sucrerie et je ne sais quoi d'autres l'après-midi en me lamentant sur mon pauvre sort, je me suis dit que quelque chose n'allait pas. Quand j'ai recommencé à exécrer mon image dans le miroir, à rager de ne plus fermer les pantalons, rager d'avoir les t-shirt trop court ou trop petit, quand je me suis mise à en pleurer et considérer tout ça comme une défaite, je me suis dit que quelque chose n'allait pas.

 

Avant de maigrir puis de regrossir, j'avais réussi à avoir une très bonne « image » de moi-même. Je me sentais bien dans mes 113 kilos et il est vrai que j'avais vaincu un peu tous ces démons et c'est ce qui m'avait permis d'entreprendre une « action d'amaigrissement », pour ma santé en priorité. Perdre 30 kilos a été un véritable bonheur sur de nombreux plans : je n'avais plus mal ni aux chevilles ni aux genoux, je me sentais bien, je pouvais trouver des vêtements dans TOUTES les boutiques de fringues, et les compliments pleuvaient, même s'ils m'étaient toujours difficile à digérer. Les « tu es bien mieux comme ça ! », « tu es une autre femme », « Ouaaah la vache ! Mais t'es super belle maintenant ! » m'ont toujours plus ou moins agacée parce qu'ils étaient de l'ordre de l'apparence et moi au fond, à part gagner de la souplesse, de la forme physique, je n'avais pas changé.

 

Aujourd'hui, j'ai repris ces 30 kilos en 7 mois, aussi vite que je les avais perdus. Nul besoin de vous expliquer comment, même si je pourrais vous proposer un programme alimentaire fabuleux pour prendre du poids, si votre métabolisme y est disposé, bien évidemment ! Comme je l'ai dit au début, c'était le retour de l'obsession, de mon propre regard dégouté de ce que je renvoyais. Et puis je voulais comprendre comment j'avais pu aussi vite oublier « les bonnes habitudes » - je les mets entre guillemets, vous comprendrez ensuite pourquoi- comment j'avais pu ainsi me laisser aller et ne pas le contrôler. C'est là que j'ai compris que les problèmes liés à l'alimentation ne touchait pas que les autres et que moi aussi, je pouvais avoir un rapport à la nourriture tout à fait particulier, voire maladif.

 

Je ne voulais plus aller voir des gens qui m'avait vu avec 30 kilos de moins. Je ne voulais pas me montrer en société. Je craignais que mon conjoint prenne peur , même si je l'avais prévenu que le poids pouvait revenir et qu'il m'avait dit s'en foutre complètement. Je croyais même, étant chômeuse, que mon poids serait un problème lors des entretiens d'embauche. Je croyais que j'étais un boulet pour les activités parce qu'à nouveau essoufflée au moindre escalier. Je croyais que j'étais moche. Je croyais que les gens dans la rue allait me scruter et se dire « Qu'est ce qu'elle est grosse ! ». Je croyais des trucs bêtes. Mais ce n'est pas parce que je suis bête, c'est juste parce que l'on vit dans un monde « aseptisé » , un monde où le poids est un sujet de société très en vogue, un monde où le physique et ses défauts sont montrés du doigts. C'est aussi parce que je croyais avoir la science, la solution, les règles à suivre, les bonnes habitudes. Des règles que j'ai réussi à suivre à la lettre pendant un an, mettant mon rééquilibrage alimentaire en première ligne, comme une fierté, un mode à suivre. L'imposant à tout le monde. J'en ai fait un projet trop important. Je me suis enfermée dans des « règles », n'en sortant que de temps en temps, arrivant chez les amis avec mes boites de crudités ou les ayant prévenu qu'il me fallait absolument des légumes !

 

Pendant un an, matin, midi et soir, j'ai réfléchi tous mes repas, jour après jour. J'ai calculé. J'ai prévu. J'ai vécu en fonction de mon alimentation : 100 g de protéine, 100 g de féculents, légumes à volonté, un laitage ou un fruit. Certes, j'ai varié mes menus, leur donnant de nouvelles saveurs pour ne pas me lasser, mais j'ai mis de côté les petits plaisirs qui parfois font du bien quand la vie se montre un tantinet rude avec nous.

 

A cette époque, je dirai que ma vie était relativement stable. J'avais un travail et des projets, une maison en travaux, je crapahutais dans le Gers à loisir, j'écrivais, en somme j'étais très occupée. Les choses ont changé quand j'ai commencé à avoir mal au bras droit, à arrêter de travailler par nécessité médicale, à gamberger, à ne pas savoir ce que j'avais, à être enfermée à la maison par des horaires de sorties bien définis, à avoir mal et minimiser mais avoir mal quand même. Quand j'ai démissionné j'ai eu un soulagement. J'ai quitté le Gers et je ne le regrette pas puisqu'aujourd'hui j'ai le bonheur de me réveiller tous les matins à côté de l'homme que j'aime. Déménager n'a pas été difficile. Mais le plus dur est sans doute de se poser des tas de questions chaque jour quant à un avenir professionnel, attendre, sans arrêt attendre. Perdre le goût de certaines activités et compenser en mangeant. Tout simplement. Je ne croyais pas avant à cette idée de « compenser en mangeant ». Mais avouez que c'est une occupation comme une autre, qui peut être agréable selon ce qu'on ingurgite. Mais le plaisir n'est pas toujours au rendez-vous, car ça devient très vite une habitude, une sorte de compulsion.

 

J'ai bien tenté de rencontrer une nouvelle nutritionniste, l'ancienne étant trop loin. Mais elle ne m'a pas vraiment écoutée. Je me suis tournée vers une autre sorte de spécialiste, plus à l'écoute et qui ne me dit pas de suivre des règles alimentaires précises et me permet d'améliorer mes rapports avec la nourriture. J'apprends aujourd'hui à ne plus me considérer comme anormale, car le fait de manger comme je le fais est une réaction naturelle à l'attente. Je retrouve le plaisir d'avoir des activités, même si j'ai mal au bras. Je retrouve le plaisir de cuisiner, équilibré ou non. Je retrouve aussi une certaine harmonie avec moi même. Je ne suis pas un monstre, je suis juste humaine, avec mes forces et mes faiblesses. Et si je déborde un peu de kilos, c'est quelque part aussi que j'ai une personnalité débordante.

 

Retour à la case départ. Le parcours sera peut être différent ! Peut être perdrai-je à nouveau du poids, peut être pas. Ce qui compte c'est d'être soi-même. Je suis moi et si l'on m'apprécie c'est aussi pour ça, pas parce que j'ai ou pas du gras. 

 

Posté par wawaa à 22:05 - Mes humeurs - Commentaires [8] - Permalien [#]

Commentaires

    Tout comme moi !

    Ca me fait tout bizarre de lire tout ça car cela correspond exactement à l'état d'esprit de la journée : je connais tout ça (yo-yo,moral en berne, plus envie de voir personne etc mais aussi douleurs et attente). Avec un boulot à la maison et beaucoup de stress. Faire attention c'est simple quand tout va bien mais confrontées au problèmes à répétition les bonnes résolutions s'envolent !
    Courage donc !
    Corinne

    Posté par milco39, 22 août 2011 à 16:15
  • Demande à ta spécialiste de t'accorder des "jokers" dans la semaine quand tu as bien tenu. Un éclair au chocolat de temps en temps, ça aide à mieux apprécier les légumes à l'eau

    Posté par Donio, 22 août 2011 à 19:45
  • Si c'était aussi simple

    Posté par Wawaa, 22 août 2011 à 20:02
  • La volonté est un impératif, une bonne méthode et surtout de nouvelles habitudes alimentaires.

    Posté par Maigrir, 24 août 2011 à 07:42
  • La volonté, ne suffit pas, je l'ai appris à mes dépens et pourtant il fut un temps où je pensais que c'était le facteur déterminant. Et comme je l'explique implicitement dans cet article, il n'est plus question d'absolument maigrir, mais juste d'être bien avec moi même quelque soit mon poids.

    Posté par wawaa, 24 août 2011 à 07:58
  • waouhh

    tout d'abord, que ça fait du bien de te relire...ça fait du bien de te retrouver...
    tout ce que tu as écrit est très beau, et que je suis en accord avec tout ce que tu dis.... je suis d'accord, la volonté ne suffit pas... et surtout fais ce que tu as décidé, maigrir ou pas on s'en fiche, le principal c'est d'être soi même, d'être bien avec ou sans kilos, surtout de reprendre confiance en soi...penses à toi et non aux autres, n'écoutes pas les autres, ils sont souvent de mauvais conseils.. moi j'en ai marre d'entrendre pourquoi ne fais tu pas ça ou çi???? ce n'est pas ce que l'on attend, c'est de nous aimer comme nous sommes !!!!!!!
    c'est toi et rien que toi qui décide de ton corps et surtout qui décide que tu sois la mieux dans ta vie, dans ton corps... je suis là si tu as besoin de papoter tu le sais hein bisous ma belle et encore contente de te retrouver....

    Posté par Réjane, 24 août 2011 à 18:31
  • on t'aime comme tu es !!!!!!!! l'important c'est que toi tu sois bien avec toi-même !!!!!

    des bisous glacés de chez moi !!!!

    Posté par em', 21 octobre 2011 à 12:29
  • tellement vrai...

    Hé oui on est nombreuses comme ça le plus dure est de l'admettre de ne pas se dire ho c'est facile faut se motiver...pff hé non mais comme beaucoup disent j'ai l'impression de me lire par tes mots/maux...
    Que faire ? trouver un compromis entre notre nature, la vie qu'on a tracé, et l’inévitable réalité manger pour vivre...et non vivre pour manger...
    Je ne sais plus trop quoi faire non plus...faut trouver les bonnes choses pour nous et voilà tout...merci pour tes écris c'est très agréable !

    Posté par nonotte3, 18 décembre 2011 à 21:11

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